COMMUNE DE DOMECY SUR CURE

...aux portes du Morvan

 

 HISTOIRE DE LA COMMUNE: 

 

Domecy-sur-Cure est située dans le département de l'Yonne en région Bourgogne-Franche-Comté. Depuis la révolution française, Cure est le centre administratif d'une commune faite de deux paroisses : Domecy et Cure, dont le nom officiel est Domecy Sur Cure. La commune possède des titres de noblesse : un castel du XVIe siècle et une abbaye du IXe siècle. Le curé nommé par l'abbé de Cure résidait à Domecy. L'abbaye de Cure et ses deux paroisses étaient en Nivernais, de l'archipêtre de Corbigny, du diocèse d'Autun et du bailliage de Saint-Pierre-Le-Moutier.  

 

Monuments:  

 

Château de Domecy:

 

Construite au XIVe siècle, cette maison-forte appartenait à une seigneurie dont on relève les traces à partir du XIIe siècle. C'est en remontant la route départementale 453, qui sort de la vallée du ru de Bazoches que ce castel s'impose aux regards avec ses tours et son échauguette. Une vieille allée de tilleuls centenaires le relie à Cure. De sa façade occidentale part une belle route forestière, aménagée au XVIIIe siècle sur l'ancienne voie romaine de Saint-Père à Autun en passant par Bazoches et Lormes. Elle conduit au moulin de Malassis, puis se perd dans le bois. 

 

 

L'abbaye de Cure Saint-Martin:

 

   

Constitué d'une église, d'un logis abbatial, devenu maison bourgeoise, d'une tour ronde (ancienne prison) et d'une tour carrée (ancienne porterie), l'ensemble, qui ne mesure que 25 m sur 19 m, était entouré de fossés, reliés au bief du moulin. L'église a une abside romane, en cul-de-four, une voûte lambrissée, avec une charpente apparente et flamboyante.

 

Depuis le XVIIIe siècle, le clocher semblable à celui de l'église paroissiale Saint-Antoine, avait perdu sa cloche. Couvert d'ardoise ce clocher fut rasé au milieu du XIXe siècle. Le logis abbatial du XVe siècle était relié à l'église par deux batiments, avec cloître qui ont disparu. La cour intérieure conserve un vieux puits. D'importants travaux avaient été excécutés vers 1715. Les monastères qui, en occident, ont vécu du VIe siècle à la Révolution de 1789. Ils participaient à la vie de l'Eglise en tant qu'organisme à destination spirituelle, mais touchaient au siècle en tant qu'unités territoriales et économiques.

 

La fondation d'un monastère supposait la disposition d'un domaine foncier capable d'assurer la subsistance des religieux par le travail de leurs mains. 

Centres d'évangélisation, les monastères fondèrent souvent des paroisses rurales, sur lesquelles ils avaient le droit de patronage. Ce qui comportait la nomination du prêtre desservant, l'entretien des lieux de culte et une participation aux oeuvres de charité. Ainsi se justifiant la perception d'un impôt direct, en nature, appelé dîme. Cet impôt retrouvait son origine dans l'Ancien Testament et dans les collectes organisées par saint Paul entre les premiers chrétiens.  

 

La paroisse mettait à l'usage du prêtre desservant un petit domaine dont les revenus aléatoires étaient complétés par les offrandes des fidèles. Rapidement la perception des dîmes entraîna des conflits et des abus. Le curé desservant apparaissait vivre sur un bénéfice, une paroisse étant estimée selon ses revenus. Dès le XIe siècle, la pression de la société féodale généralisa le droit de patronage sur les paroisses, si bien que les seigneurs les considérèrent comme des fiefs. La crise morale du clergé menaça de transformer la fonction curiale en un bien de famille, héréditaire ! Il faudra toute l'énergie du pape Grégoire VII (1073-1085), secondé par les ordres religieux, pour stopper cette dégradation de l'Eglise. La dîme était un impôt agricole, mais elle frappait aussi les revenus des artisans. Tous les propriétaires fonciers, le roi comme les nobles, devaient payer la dîme qui n'atteignait jamais le dixième du sol en céréales et en vignes. 

   

 

 

L'église Saint-Romain de Domecy :

 

   

  

L'église construite au XVIe siècle est dédiée à Saint-Romain. Une archive atteste cette église paroissiale déjà en 1174, celle de Cure n'étant que Chapelle. Jadis, la commune actuelle, comprenait deux paroisses avec chacune leur église : Cure et Domecy. Dépendant du diocèse d'Autun et de l'archipêtre de Corbigny puis Vézelay, elle était une église-mère et celle de Cure une annexe puis devint annexe de Cure. Mais le patronage de la Cure appartenait à l'abbé de Chore ou Cure, qui en percevait les dîmes. Les deux paroisses furent réunies après la Révolution. Elle fut remaniée au XVe siècle et le clocher rebâti au XIXe siècle.

   

 

L'église Saint-Antoine à Cure :

 

   

Au centre du hameau de Cure, l'église paroissiale de Cure daterait du XIIe siècle, et reconstruite au XVIIe. La commune comprenait deux paroisses avec chacune leur église : Cure et Domecy. Des arcatures ogivales de la nef dateraient du XVe siècle. Elle fut incendiée par les protestants en 1569 et reconstruite en 1618. En 1856, une voùte en brique fut posée pour masquer la charpente apparente. Bâtie en pierre sur un plan rectangulaire, elle a été remaniée au cours des siècles, au XVIIIe siècle selon une archive et la voûte en bois de la nef fut rebâtie en brique au XIXe.

  

 

 

Les hameaux : 

 

Situé sur la rive gauche de la Cure, la paroisse de Domecy s'étend vers le Sud entre le ru de Bazoches et la Brinjame. Elle comporte ainsi des terres du Lias et des terres granitiques. Sur ces dernières s'étend une vaste clairière, qui porte trois hameaux : Villars, Culêtre, Les Boulois et un moulin sur la Brinjame. Au XVIIIe siècle, cet ensemble comptait vingt-quatres ménages et payait 133 livres de dîme d'église. Les bénédictions de Cure et les seigneurs de Domecy se partagaient les terres et les bois. Une belle étendue forestière porte encore le nom de Bois Du Couvent. Le bois de Chassignolle appartient encore au château de Domecy.  

 

Au XVe siècle, des opérations immobilières portent sur des terres de ces lieux. Elles sont le fait de Pierre de Thaix et de Jean de Saint-Aubin, seigneur de Domecy en 1305, et sur une terre de Culêtre à Louis Quinart, maître d'hôtel du Duc de Bourgogne. Au XVIIIe siècle, une famille Dublé portait le titre "du Boulois". Construit en 1498, par concession des bénédictins au sieur Jean Ferré, le moulin de Brinjame restait au XVIIIe siècle censitaire de l'abbaye. En 1573, les bénédictins abbattirent la futaie du bois du Couvent, exposé aux déprédations des voisins. Les habitants de ces lieux jouisaient des droits d'usages dans les Abbatées (de Abbatis de l'abbé) sur la rive droite de la Cure.  

 

Le secteur d'Usy est, quant au sol, en majorité morvandiau. Cure est bordé à l'Est par une vaste zone forestière, dite les bois d'Usy ce village a ses regards largement ouverts vers l'Ouest, sur Vézelay. Le chemin celto-romain des Fontaines-Salées à Autun le traversait. L'existence d'un habitat préhistorique assez proche serait indiquée par la trouvaille, faite en 1934, dans le vallon du ru de Goblot, au lieu-dit la Fontaine d'Argent, d'un bracelet de l'Age du Bronze. Ici encore, au Moyen Age, moines et féodaux sont présents. Les bénédictins de Cure possédaient à Usy comme à Précy et à Menades des exploitations agricoles, évaluables au moins à six hectares.

 

 

La Chapelle Saint Laurent : 

 

 A droite du vieux chemin qui relie Cure au château de Domecy, dominant le village, est un lieu-dit Champ-Laurent, diacre romain martyr du IIIe siècle, fêté le 10 août. Dans son Histoire de l'abbaye de Saint-Martin de Chore, Louis Flandin n'accorde à ce sanctuaire que quelques notes. Mais il existe aux Archives départementales de l'Yonne un dossier non négligeable le concernant. Il faudra attendre 1966 pour qu'il soit analysé par Dom Patrice Cousin. Comme les deux paroisses de Domecy et de Cure, il dependait de l'abbaye. On ne connaît pas de document le concernant qui soit antérieur au XVe siècle. Ce lieu-dit est à moins de mille mètres de la voie romaine qui passait à Domecy et reliait Vézelay à Autun par Bazoches et Lormes. Grâce aux documents du XVIe siècle, nous entrevoyons la vie de ce sanctuaire en tant que prieuré, c'est-à-dire en tant que bénéfice eclésiastique.

 

La chapelle Sainte-Christine :

 

Le privilegium de 1174 nous donne un aperçu impressionnant des possessions et droits de l'abbaye de Cure. Grâce aux archives qui nous sont parvenues, il serait possible de relever une documentation sur plusieurs de ces domaines. Ils sont répartis en terre nivernaise et en terre bourguignognne. Il y a Sainte-Christine à Soeuvres, la Cour-d'Origny sur la paroisse de Sainte-Colombelès-l'Isle et le prieuré de Vassy-sous-Pisy.

Situé sur la rive gauche du ru de Bazoches, le terroir de Fontenay-sous-Vézelay, qui comporte un bourg et deux hameaux, Soeuvres et Pouilly, est drainé par le ru de Soeuvres. L'implantation monastique y est constatée pour Vézelay au IXe siècle et pour Cure au XIIe. Les bénédictins de Vézelay étaient patrons de la paroisse. Les bénédictins de Cure, selon le Privilegium de 1174, possédaient à Soeuvres un domaine agricole considérable et une chapelle dite de Sainte-Christine, qui fut détruite vers 1810.

 

  

Le privilegium de 1174 :

  

Vers 1152, le pape Eugène III était intervenu pour régler des conflits qui opposaient abbé de Cure, et Pons, abbé de Vézelay. 

 

Pour défendre les droits de l'Eglise, Alexandre III s'appuya sur le monde monastique plutôt que sur les évêques trop engagés dans la féodalité. Par la concession de chartes de privilèges, il exemptait les moines de la juridiction épiscopale pour les attacher directement au Saint-Siège. Ils garantissaient leurs indépendance foncière et  économique. Cela a eut pour effet de les insérer dans la société féodale. L'apparition  au IVe siècle de la vie monastique dans un christianisme sorti de la persécution posa le problème des relations entre la hiérarchie officielle de l'Eglise et celle née dans le monde monastique.  

 

En 455, le concile d'Arles distingua pour les monastères un droit interne concédé à l'abbé pour le gouvernement de sa maison, et un droit externe, concernant les activités extérieures des religieux, qui restait dans la juridiction épiscopale locale.  

 

Au cours des âges les moines recherchèrent ce précieux Privilégium romain pour pouvoir se dégager de l'autorité des évêques et de l'ingérence des pouvoirs laîcs.  

 

Le privilegium affirme le droit qu'a la communauté monastique d'élire librement son supérieur, en dehors de toute ingérence extérieure, comme le demande la Règle de saint Benoît. Il précise en plus, selon la législation alors, qu'en cas d'interdit frappant le territoire où se trouve l'abbaye, celle-ci conserve le droit de célébrer les saints offices, mais sans chant, sans sonneries de cloches, en excluant toute personne frappée d'interdit ou d'excommunication.  

 

L'abbaye est dite Villa de Chora, "avec ses fours, ses moulins et ses bois (dont les bois de Fretay et de Rougeot), l'eau de la rivière depuis Culêtre jusqu'à Précy".

Vint ensuite l'énumération des églises "avec tout ce qui les concerne", qui sont dans la dépendance de l'abbaye de Cure : Domecy, Bazoches Montsabot, Neuffontaines, Montvigne, l'église de Sainte Chrisitine, l'église de Pierre-Perthuis, la chapelle de la Cour-d'Origny (sur Sainte-Colombe-lès-l'Isle), l'église de Vassy-sous-Pisy et ses annexes.  

 

L'abbaye de Cure possédait des droits de cens sur les paroisses de Cure, de Saint-André-en-Morvan, d'Empury, de Montsabot, de Saisy, de Vignol, de Metz-le-Comte, de Dornecy, de Brêves, de Pierre-Perthuis, de Domecy, de Bazoches et de Montvigne. L'abbaye jouit aussi de droits d'usages dans les bois du sire de Pierre-Perthuis, de la grange de Caume libre de toute servitude envers le susdit château.  

 

Elle jouait encore des droits de bin, de Serée, d'Ouches, d'Urbigny, d'Athée, de Meulot, d'Empury avec les droits de justice, les décimes sur les près, les vignes et les hommes de Domecy, Bazoches, Fley, Chitry, Dornecy, Monteaversiaco, Charancy, Chalvron, Soeuvres et Pierre-Perthuis. Il faut ajouter, en terre de Bourgogne, le prieuré de la Cour-d'Origny (sur Sainte-Colombe-lès-l'Isle) et ses dépendances à Massangis, Buisson, Pancy, Moutomble et dans la forêt d'Hervaux, avec les droits sur les terres et les hommes. Tous lieux situés dans le diocèse d'Autun. Dans le diocèse de Langres, l'abbaye de Cure possède le prieuré de Vassy-sous-Pisy, avec tous les droits sur les terres sises en la villa de Bierry, et la forêt de Sarry.

   

 

Les Dimes :

 

Dans l'abbaye de Saint-Martin de Cure, ils participaient à la vie de l'Eglise en tant qu'organismes à destination spirituelle, mais touchaient au siècle en tant qu'unités territoriales et économiques. La fondation d'un monastère supposait la disposition d'un domaine foncier capable d'assurer la subsistance des religieux par le travail de leurs mains. Mais ce domaine s'étant rapidement accru par des donations, il fallut procéder pour les terres éloignées à un découpage en manses, où disparaissait l'exploitation directe et apparaissaient de nouvelles formes d'exploitation, les tenures.

 

Centres d'évangélisation, les monastères fondèrent souvent des paroisses rurales, sur lesquelles ils avaient droit de patronage. Ce qui comportait la nomination du prêtre desservant, l'entretien des lieux de culte et une participation aux oeuvres de charité. Ainsi se justifiait la perception d'un impôt direct, appelé dîme. Cet impôt retrouvait son origine dans l'Ancien Testament et dans les collectes organisées par saint Paul entre les premiers chrétiens.

 

La paroisse mettait à l'usage du prête desservant un petit domaine dont les revenus aléatoires étaient complétés par les offrandes des fidèles. Ces offrandes d'abord recommandées furent rendues obligatoires par plusieurs conciles et synodes provinciaux : Orléans en 538, Mâcon en 585. Charlemagne légalise cette obligation par les capitulaires d'Héristral en 779 et de Francfort en 794 avec action possible du bras séculier. La dîme devenait une sorte d'impôt d'état.

 

 

    

 

 

  

 

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